Journal du Village multiculturel

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lundi 9 mai 2016

Jumelages entre villes


Mes premières expériences avec des jumelages entre villes datent de la fin des années 1970, quand j’étais jeune étudiante à l’université de Münster/Westphalie en Allemagne.

Une délégation de politiciens norvégiens est venu en visite à Münster, qui depuis 1967 est jumelée avec la ville de Kristiansand située en région de Vest-Agder en Norvège.

Dans la délégation norvégienne il y avait le président du conseil régional de Vest-Agder, Torvald Kvinlaug, qui ne parlait ni allemand, ni anglais. Un conseiller municipal de Münster m’a contacté car il savait que je parle le norvégien. Et par la suite on m ‘a demandé de traduire et d’être guide pour Torvald Kvinlaug et sa femme pendant leur visite à Münster.

Le jumelage entre Kristiansand et Münster s’est perpétué bien au-délà de cette époque. Aujourd’hui il y a beaucoup de projets d’échange entre écoles et entre un grand nombre d’ associations et d’institutions, p. ex. entre les clubs de Bridge, les clubs de camping, les groupes de danse folklorique, les clubs de sports, les chorales, les artistes, les services municipaux et les municipalités des deux villes, et il y a évidemment des rencontres privées. L’association de jumelage a organisé pour les habitants de Münster des soirées sur Kristiansand et la Norvège et des voyages à Kristiansand. Cette année en février/mars il y a eu les journées de film norvégien dans un cinéma à Münster.

La ville de Kristiansand est aussi jumelée avec Orléans, la seule ville en France qui est jumelée avec une ville en Norvège.

Le jumelage entre villes a encore une fois croisé ma route dans ma nouvelle ville d’adoption Le Relecq-Kerhuon.


Le Relecq-Kerhuon Mairie


Déjà avant d’arriver en 2012 avec mes cartons de déménagement au Relecq-Kerhuon, j’ai appris en septembre 2009 par le blog du maire Yohann Nédélec qu’il existe un jumelage entre la ville du Relecq-Kerhuon et la ville de Bodmin en Angleterre. Cette année-là on a fêté les 30 ans de jumelage entre les deux villes.

Le jumelage entre Bodmin et Le Relecq-Kerhuon c’est surtout les relations personnelles entre des familles jumelées. Les familles se rendent visite une année au Relecq-Kerhuon, l’année suivante à Bodmin.

Du 29 avril au 2 mai dernier ont venues 9 familles anglaises pour rendre visite à leurs familles jumelées au Relecq-Kerhuon avec qui elles sont devenues amis depuis maintes années. J’ai accueilli un couple qui était venu pour revoir son amie de jumelage depuis plus de 30 ans ! Ils ont habité chez moi car leur amie ne pouvait pas les accueiliir chez elle cette fois.

A Bodmin il est difficile de trouver des nouvelles familles intéressées d’être jumelées avec une famille au Relecq-Kerhuon. En 2013 le « Cornish Guardian » a publié un article concernant ce probleme :

Twinners seek to strengthen Breton link

Dans cet article Sherry Boocock, membre du comité de jumelage à Bodmin a dit que:

"There are so many French families and couples in Le Relecq Kerhuon who want to be involved in the twinning, but at the moment we can't keep up with the requests, so we really do need more people from our town to join us''.

Le samedi 30 avril dernier à une reception des deux comités de jumelage au Relecq-Kerhuon, le président du comité de Bodmin a communiqué qu’ils ont fait des tracts à distribuer aux élèves des écoles à Bodmin pour essayer de trouver des nouvelles familles pour le jumelage.

Philippe Le Guen, le président du comité de jumelage au Relecq-Kerhuon, a présenté deux projets prévus au Relecq-Kerhuon.

Il a invité les familles de Bodmin à faire des photos au Relecq-Kerhuon, et pendant leur prochaine visite à Bodmin les familles du Relecq-Kerhuon à faire des photos dans cette ville. Le but est une exposition de photos dans les deux villes.

Le deuxième projet du comité de jumelage au Relecq-Kerhuon c’est d’inviter les écoles du Relecq-Kerhuon à un concours de nouvelles. Il est aussi prévu une catégorie pour les adultes au concours.

Il semble qu’il existe différents modèles d’échanges interculturelles pour le jumelage entre villes.
Un modèle de jumelage pour l’échange d’expériences et d’idées entre les institutions, associations et municipalités et en plus aussi pour tisser des liens sur le plan personnel. Et un autre modèle de jumelage plus personnalisé et dans le but de se lier d’amitié avec des personnes et familles dans l’autre ville.

J’espère que toutes les familles jumélées qui se sont revues au Relecq-Kerhuon le week-end du 1er mai dernier ont passé un bon moment ensemble !

Et moi, j’attends avec impatience le sujet pour les nouvelles. Car, comme vous pouvez voir sur ce blog, j’aime écrire des petites histoires.

dimanche 27 mars 2016

Histories du Maroc 6 - Thé à la menthe juste avant le coucher de soleil

(Mechthild, 2003 )

Pendant une excursion de deux jours d’Agadir à Essaouira nous avons fait à l’aller et au retour une pause dans un restaurant au centre ville de Tamanar. (Histoires 5 et 6)

Images de Tanamar – Thé à la menthe juste avant le coucher de soleil

Un petit moment paisible pour moi seule à la table devant le restaurant à Tanamar. Je savoure un dernier verre de thé à la mente, avant de reprendre la route dans peu de temps.

Mes enfants s’occupent de regarder quelques chats de plus près. Un petit chaton avec un oeil enflammé suscite leur pitié. Comment ça va aller avec ce chaton plus tard, se demandent-ils.

Notre ami marocain, qui nous accompagne pendant notre voyage à Essaouira, est parti pour faire contrôler quelque chose sur la voiture.

C’est juste avant le coucher de soleil. Sur la route devant le restaurant règne une animation affairée. Des autocars touristiques sur le chemin du retour en direction d’Agadir, des voitures, des camions chargés de marchandises empilées, et entre les véhicules, des gens des environs proches en train de rentrer chez eux.

Trois filles qui ont environ le même âge que ma fille, avec des cartables sur le dos, passent devant le restaurant. Elles discutent avec animation de quelque chose. Quand elles aperçoivent mes enfants, qui sont toujours occupés à étudier les chats, elles marquent un arrêt. Les jeunes marocaines sourient et agitent leurs mains. Mes enfants agitent les mains en retour. Un bref moment de rencontre marocain-norvégien. Les enfants se regardent en riant aimablement. Ensuite les petites Marocaines continuent leur chemin.

En face de l’autre coté de la route vient un garçon à dos d’âne. Derrière lui suit un homme sur une charrette tirée par un âne. Quand ils doivent dépasser une voiture garée ils se séparent brièvement. Le garçon s’arrête et attend, jusqu’à ce que l’homme trouve un espace dans la dense circulation des automobiles, et le rejoigne. Père et fils rentrant chez eux après le travail des champs, me dis-je en les regardant.

Dans la direction opposée arrive maintenant au bord de la route un homme habillé d’une djellaba verte foncée. Il accompagne cinq petits enfants qui tous portent un cartable. Un petit garçon de trois ou quatre ans marche main dans la main avec une fillette un peu plus grande. Lui aussi porte un petit cartable sur le dos. Je suis le groupe du regard alors qu’il disparaît peu à peu de mon champ de vision. Un père qui raccompagne ses enfants à la maison, me dis-je...

Différences culturelles... Convergences...

Si quelqu’un demandait à cet homme comme à moi, ce que nous considérons comme plus important pour l’avenir de nos enfants... Ne répondrions-nous pas la même chose ?

Je pense que oui...

samedi 19 mars 2016

Histoires du Maroc 5 - Tajine avec chats

(Mechthild, 2003)

Pendant une excursion de deux jours d’Agadir à Essaouira nous avons fait à l’aller et au retour une pause dans un restaurant au centre ville de Tamanar. (Histoires 5 et 6)

Images de Tamanar – Tajine avec chats

Dans le centre ville de Tamanar nous sommes assis à une table à l’extérieur d’un restaurant en attendant notre dîner. Huit chats rôdent sous nos chaises en miaulant impatiemment. Ils attendent aussi. Mais au contraire de nous, ils ne savent pas ce qui va arriver bientôt sur la table...

Nous avons choisi un tajine au poulet, directement dans la cuisine. Pour que nous puissions décider la taille de tajine qui nous convient.

La serveuse met un petit bol avec des olives sur la table. Accompagné de pain plat marocain (khobz) fraîchement cuit, pour nous mettre en appétit pour le repas principal.

Les chats miaulent encore plus fort. Des olives et du pain, ce n’était vraiment pas ce qu’ils espéraient. Le seul chat noir de l’assemblée s’arrête et nous regarde à quelques mètres de distance. A notre surprise il ne miaule pas comme les autres. Il piaille comme un oiseau... Nous nous demandons si c’est aussi un avantage dans le monde des chats d’avoir des connaissances en langues étrangères...

Le tajine consiste en poulet avec des légumes. L’agitation augmente parmi les chats. Un grand chat roux tigré donne des coups de patte et s’adjuge ainsi un bon emplacement directement au bord de la table...

Nous ne maîtrisons malheureusement pas encore assez bien l’art marocain de ramasser de la viande et des légumes du tajine avec des morceaux de pain. Et demandons des fourchettes...

Le chat roux tigré disparaît rapide comme l’éclair avec un os que nous laissons tomber... Ainsi, peu à peu il se calme sous nos chaises. Un chat gris blanc ronge les bouts cartilagineux d’un os et abandonne le restant...

Nous sommes d’accord que notre part du tajine était très bon. Maintenant, nous attendons le thé à la menthe...

Chats Tajine

lundi 22 février 2016

Histoires du Maroc 4 - Rencontre au souk d’Aït Baha

(Mechthild, 2003)

Nous sommes au souk d’Aït Baha entre Tafraoute et Agadir.

Quelque part j’entends un coq qui chante. Je pense à notre coq chez nous en Norvège. Et je veux bien voir cet exemplaire marocain.

Le coq est très joli, aux plumes multicolores. Puis-je peut-être faire une photo ? Je veux bien en prendre une de lui.

"Andi dik fi Norvège...". J’essaie d’expliquer mon souhait en marocain...*)

« Do you speak English ? » Le propriétaire du coq s’adresse à moi en anglais.

Je maîtrise donc l’anglais effectivement beaucoup mieux que le marocain ! Très contente, je commence à parler à l’homme de mes poules en Norvège...

L’homme me regarde complètement perplexe...

Il s’avère que cet homme maîtrise l’anglais aussi bien que moi le marocain...

Un autre marocain traduit ce que je veux dire.

Le vendeur sourit.

Je peux non seulement faire des photos du beau coq aux plumes multicolores mais, de plus, le propriétaire du coq et ses voisins du souk ouvrent à la grande joie de mes enfants les cartons avec des petits poussins. Ils sont désormais immortalisés sur la pellicule de ma fille...

Souk Aït Baha ... Au souk d'Aït Baha
............................................................................................................................................ (*) Andi dik fi Norvège..." - J'ai un coq en Norvège...
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jeudi 7 janvier 2016

Histoires du Maroc 3 - Images de l’apprentissage de la langue

(Mechthild, 2003)

Je me réjouis toujours quand vient notre femme de ménage.

« Sabah el kheir », je l’ai déjà saluée le premier jour.

« Sabah el nour », elle avait répondu souriante. « Parles-tu marocain ? »

« Chwiya, chwiya ». Juste un peu.

Chaque fois qu’elle vient, nous parlons un peu ensemble pendant qu’elle fait son travail. Je range les chaises de côté, elle balaie. Nous nous rendons compte que nous avons des enfants toutes les deux. Et nous échangeons des informations sur nos enfants, dans la mesure où c’est possible vu mes connaissances restreintes de la langue. Elle rit souvent de bon coeur à mes tentatives de parler marocain. Mais avec l’aide de mon petit livre « Moroccan Arabic » et du « langage par signes » on se débrouille quand même pas mal...

En faisant des courses je l’essaie aussi. "Bghina khobz wa halib". Je reçois du pain et du lait, et le commerçant, visiblement content, répond par une longue phrase en marocain, qu’évidemment je ne comprends pas. J’explique donc que j’essaie d’apprendre le marocain, mais que je ne sais pas encore beaucoup. Nous discutons un petit moment en anglais.

« A Agadir nous parlons encore une autre langue que le marocain», explique-t-il.

« Tamazight », dis-je.

« Tu sais parler Tamazight ? » Un collègue du premier commerçant est arrivé.

Je réponds par la seule phrase que je peux dire jusque-là : "Manik an tgit?" - Comment vas-tu ?

Ce riche vocabulaire nous fait rire joyeusement tous ensemble. Mais je veux donc bien apprendre un peu plus de Tamazight. Quand je sors de l’épicerie, j’ai enrichi mon vocabulaire de trois mots : "Iwi", mon fils. "Illi", ma fille. Et "Inna", maman.

Eh bien, il faut commencer petit à petit, non ? Entre-temps je peux aussi faire un compliment lors d’un bon repas : « Immim bahra ! » Et dans un restaurant de poissons : « Mimm Islman ! »


Petit_dejeuner_dans_l_appartement_de_l_hotel.jpg
Petit déjeuner dans notre appartement (2003)

...................................................................................................................... Explication des mots et des expressions en arabe :

sabah صباح = matin

kheir خير = bon, excellent

nour نور = lumière

sabah el kheir صباح الخير = Bonjour! (littéralement : Bon /excellent matin)

sabah el nour صباح النور = littéralement : Un matin de lumière! (Réponse sur « sabah el kheir »)

chwiya (arabe marocain) شوي = un peu

bghina (arabe marocain) بغين = nous voulons

khobz خبز = pain

wa و = et

halib حليب = lait

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mardi 29 décembre 2015

Histoires du Maroc 2 - Images du shopping

(Mechthild, 2003)

Ça fait du bien de pouvoir s’asseoir. Dans un petit magasin de vêtements dans le souk de Marrakech le commerçant nous a apporté trois tabourets. Peu après son assistant vient avec du thé à la menthe. Nous sirotons du thé pendant que le commerçant nous montre des caftans et des tuniques et les étale devant nous sur le comptoir. Notre hôtesse, qui nous accompagne, traduit et explique nos souhaits en marocain.

Ma fille de dix ans dans un caftan rouge étincelant. Elle se regarde dans le miroir rayonnante de bonheur.

Le commerçant sourit et dit quelque chose en marocain. « Vous avez une jolie fille. » traduit notre hôtesse.

« Choukran ! » Le caftan lui va vraiment très bien.

« Comment elle s’appelle ? » Je dis son nom au commerçant.

Il rit aimablement. « Je trouve qu’elle devrait s’appeler Fatima. »

Nous rions ensemble. Ma fille est d’accord. Elle aimerait bien aussitôt garder le caftan, et le commerçant peut volontiers l’appeler Fatima.

Un autre verre de thé. L’assistant de commerçant est parti dans le souk, et peu après il apporte encore plus de tuniques à choisir. C’est bien agréable de faire du shopping comme ça.

A la fin nous avons choisi deux tuniques et le caftan pour ma fille. Après avoir discuté un peu sur le prix, nous sommes d’accord. Nous finissons les verres de thé, et détendus, nous continuons notre chemin.

Pourquoi il n’y a personne qui m’offre du thé et m’apporte des vêtements pour choisir à Lindex et H & M en Norvège ? Je fait moi-même le va-et-vient entre les portants de vêtements et la cabine d’essayage, à la fin je suis bien crévée et pour le prix je n’ai rien à dire. Take it or leave it...

Je vraiment hâte au prochain thé à la menthe dans le souk.


The_a_la_menthe.jpg


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samedi 26 décembre 2015

Histoires du Maroc 1 - Images d'un tour en taxi

(Mechthild, 2003)

Il y a une semaine que mes enfants et moi sommes rentrés du Maroc. (*) Hier j’ai amené nos films à développer. Nous sommes très curieux de voir nos photos.

Mais les photos que nous avons prises ne représentent qu’une petite partie de nos impressions. Maintes images souvenirs vivent dans la mémoire...

- Des gens que nous avons rencontrés...

- Des gens d’abord étrangers qui nous ont accueillis avec une hospitalité chaleureuse...

- Du paysage impressionant entre Agadir et Marrakech. Au premier plan, des prés verts sur la terre rouge. Au loin, les sommets enneigés des montagnes de l’Atlas...

- De nombreux troupeaux avec leurs bergers...

- De grands et petits enfants avec leurs cartables le long des chemins et routes...

J’essaierai de vous montrer quelques images dans ces petites histoires du Maroc.
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1. Images d’un tour en taxi


Tôt le soir nous arrivons à la gare de Marrakech. Dans l’obscurité notre taxi se faufile dans l’intense circulation au centre-ville.

Les piétons essaient de traverser la route dans le chaos des voitures et des vélomoteurs, parfois aussi des charrettes à mulet et des calèches. Une jeune femme s’est arrêtée au milieu des véhicules, elle est coincée et ne peut pas avancer.

Le chauffeur de taxi fait à notre avis souvent des manoeuvres de dépassement hasardeuses, il freine, accélère de nouveau, klaxonne. Ensuite nous restons bloqués à un carrefour.

Dans une voiture juste à coté de nous, à portée de main, est assis un petit enfant aux boucles foncées sur les genoux d’une femme sur le siège du passager. L’enfant nous regarde sans ciller. Nous sourions en lui faisant un signe de la main. Il cache son visage dans les vêtements de la femme. Puis il se tourne de nouveau vers nous. Souriants la femme et l’enfant nous font signe. Une brêve rencontre. Nous laissons les deux derrière nous. Notre taxi continue sa route.

Après quelques centaines de mètres un policier en manteau blanc sur le côté droit de la route. Un homme inerte est allongé sur la chaussée, auprès de lui un vélomoteur renversé. « Est-il mort ? » demandent mes enfants. Nous ne le savons pas. Peut-être une famille attend-t-elle en vain ce soir l’homme du bord de la route.

Nous passons beaucoup de cyclomotoristes vêtus de foncé sans lumières, dans la ville mais aussi sur la route rurale non éclairée. Et piétons, cyclistes et charrettes à mulet. A peine visibles dans l’obscurité. Je pense aux gilets et aux pendentifs réfléchissants attachés aux vêtements que nous utilisons chez nous en Norvège. Et je voudrais pouvoir donner des gilets réfléchissants à tous ces gens que nous dépassons dans l’obscurité.

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(*) Au début de 2003, quand mes enfants avaient 10 et 12 ans, nous avons fait notre deuxième voyage au Maroc.

Supratours_Agadir_-_Marrakech_b.jpg
Avant de partir d'Agadir à Marrakech


Après notre retour en Norvège, j’ai écrit sept petites histoires sur les impressions de notre voyage. En décembre 2015 j'ai commencé à traduire ces histoires en français pour les publier sur mon blog.

Un grand merci à mon amie Chantal qui a corrigé ma traduction et a éliminé les erreurs de langage !
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jeudi 22 octobre 2015

Resiprositet – Kommer jeg til å kunne stemme ved valg i Frankrike slik franske statsborgere kan gjøre i Norge?

............................................................................................................... Vous trouvez la version française de cette note ici :

La réciprocité - Pourrai-je voter aux élections en France comme les Français en Norvège ?

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Den 14. september 2015 var det kommunestyre- og fylkestingsvalg i Norge. I Bergen er franske Diane Berbain blitt valgt som medlem i byrådet som består av 67 representanter.

Etter tre års botid i Norge har hun som alle utenlandske innbyggere stemmerett og valgbarhet ved kommunestyre- og fylkestingsvalg.

Jeg har bodd i Bergen fram til 2012, da jeg flyttet og bosatte meg i Frankrike. Siden jeg har norsk statsborgerskap har jeg ikke stemmerett her i landet.

Som medlemmer i det Europeiske Økonomiske Samarbeidsområdet (EØS) har nordmenn i Frankrike under forutsetning av resiprositet rett til å arbeide, studere og bosette seg, på samme måte som medlemmene i den Europeiske Union (EU). Men selv om nordmenn har alle disse rettighetene, er stemmerett ved valg ikke blitt vedtatt for norske statsborgere slik som for medlemmene i EU.

Stemmeretten er selve grunnlaget for demokratiet, og den er også en viktig rettighet for den enkelte innbygger. Å kunne stemme og å være valgbar ved lokalvalg i bostedskommunen gir mulighet for innflytelse over kommunens avgjørelser på områder som direkte berører den enkeltes liv, som f.eks. kommunens infrastruktur, lokale skatter og avgifter, skolepolitikk, eldreomsorg og kulturtilbud.

Noen som kommer fra et annet land, slik som Diane Berbain i Norge, kan gjennom sin kunnskap om kulturen og om livet i opprinnelseslandet bidra ved å tilføre interessante aspekter til diskussionen og i det politiske arbeidet.

I den Europeiske Unionen er det Spania og Portugal som under forutsetning av resiprositet har vedtatt stemmeretten ved lokalvalg for nordmenn bosatt i disse landene. Og videre har norske statsborgere i de nordiske EU-landene Danmark, Sverige og Finland tilsvarende stemmerett som statsborgere fra disse landene har i Norge.

Jeg håper at norske politikere kommer til å engasjere seg i bilaterale forhandlinger med Frankrike for å oppnå at stemmeretten for norske statsborgere bosatt i landet kommer til å bli vedtatt.

Carte électorale

"VOTER EST UN DROIT, C'EST AUSSI UN DEVOIR CIVIQUE"

"Å stemme er en rett, det er også en borgerplikt"
(Dette står på det franske valgkortet ”Carte électorale”)

mardi 20 octobre 2015

La réciprocité - Pourrai-je voter aux élections en France comme les Français en Norvège ?

............................................................................................................... Dere finner den norske versjonen av denne artikkelen her:

Resiprositet – Kommer jeg til å kunne stemme ved valg i Frankrike slik franske statsborgere kan gjøre i Norge?

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Le 14 septembre 2015 ont eu lieu les élections municipales (kommunestyrevalg) et les élections régionales (fylkestingsvalg) en Norvège. A Bergen, deuxième plus grande ville de Norvège, la Française Diane Berbain a été élue membre du Conseil municipal qui comprend 67 représentants.

Après trois ans de résidence en Norvège Diane Berbain a comme tous les résidents étrangers le droit de vote et l’éligibilité en Norvège aux élections municipales (kommunestyrevalg) et aux élections régionales (fylkestingsvalg).

J'ai habité à Bergen jusqu'à 2012, quand je me suis installée en France. Ayant la nationalité norvégienne je n’y ai pas de droit de vote.

Comme membres de l’Espace Economique Européen (EEE) les Norvégiens ont en France sous condition de réciprocité le droit de travailler, faire des études et de résider, au même titre que les membres de l’Union Européenne(UE). Même si les Norvégiens ont tous ces droits, le droit de vote n’est pas accordé aux citoyens norvégiens comme pour les membres de l’UE.

Le droit de vote est la base fondamentale de la démocratie, et c’est aussi un droit important pour chacun des habitants. Avoir le droit de vote et être éligible aux élections locales dans la commune de domicile donne la possibilité d’exercer une influence sur les décisions de la commune dans les domaines qui concernent directement la vie de chacun, comme p.ex. l’infrastructure de la commune, les impôts et taxes locales, la politique scolaire, l’aide aux personnes âgées et le programme culturel.

Une personne qui vient d’un autre pays, comme Diane Berbain en Norvège, peut avec ses connaissances de la culture et de la vie dans son pays d’origine contribuer en apportant des aspects intéressants à la discussion et au travail politique.

Dans l’Union Européenne ce sont l’Espagne et et le Portugal qui ont accordé le droit de vote aux élections locales sous condition de réciprocité aux Norvégiens résidant dans leurs pays. Et encore dans les pays nordiques de l’UE, au Danemark, en Suède et en Finlande, les citoyens norvégiens ont le même droit de vote aux élections que les citoyens de ces pays en Norvège.

J’espère que les politiciens français s’engageront pour l’accord du droit de vote sous condition de réciprocité aux Norvégiens résidant en France.

Carte électorale

"VOTER EST UN DROIT, C'EST AUSSI UN DEVOIR CIVIQUE"



mardi 8 septembre 2015

S'engager pour les réfugiés

J'ai publié la prémière partie de la note ci-dessous comme commentaire sur un article sur le blog de Yohann Nédélec, Maire de Le Relecq-Kerhuon : 55% de peur

J'ai ici ajouté quelques propositions de l'engagement pour les réfugiés.

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Chaque jour je lis les récits et je regarde les images des réfugiés, des familles en grande détresse, des enfants déracinés de chez eux, des jeunes privés de leur avenir dans leur pays d’origine, des maisons détruites, des voisinages rasés, des gens qui enterrent leurs proches et leurs amis...

Je m’imagine que je pourrais être à la place de ces réfugiés : Ma famille persécutée, ma maison détruite, mon voisinage rasé par les bombes, mes enfants, mes amis, mes voisins... Je n’ose pas y songer... Ça me fait peur...

Je pense que si toute mon ancienne vie était détruite, mon seul espoir en tant que réfugiée serait de vivre dans un pays en paix où les gens me souhaitent la bienvenue et me donnent la possibilité d’un nouvel avenir...

Dans une Europe où on évoque souvent des racines chrétiennes, n’est-ce pas une évidence d’aider les réfugiés de la guerre ?

Pour aider les réfugiés on peut...


...s'engager comme parrain/marraine : Duo pour demain

...accueillir des réfugiés chez soi : CALM – Comme à la maison

...s'engager comme interprète

...donner un cours de français

...aider les réfugiés à pratiquer leurs connaissances en langue française dans la vie quotidienne

...offrir des excursions/visites guidées pour leur faire découvrir leur nouveau lieu de vie

...organiser des ateliers où les anciens habitants et les réfugiés peuvent se rencontrer et où on peut apprendre mutuellement, p.ex. un atelier de cuisine, un atelier d’artisanat. Les réfugiés ont des ressources dont nous pouvons profiter.

Et il y a bien d’autres façons d’aider...

S’il y a des réfugiés accueillis au Relecq-Kerhuon je propose de m’engager selon mes ressources et les besoins des réfugiés !

lundi 1 juin 2015

Amiante – Pourquoi le nettoyage à haute pression n’est-il pas interdit ?

En novembre 2005 un artisan a nettoyé le toit amianté de la maison d’un couple installé en Savoie en utilisant un nettoyeur à haute pression.

Après ce travail une expertise a montré que le jardin de la famille était contaminé par l’amiante. La famille n’a plus mis les pieds dans son jardin, car ils s’inquiètent pour leur santé.

C’est la journaliste Estelle Saget de L’Express qui le 6 juillet 2006 dans son article Amiante : péril en la demeure a révélé cette histoire.

Cette année cela fait déjà 10 ans que le nettoyage à haute pression du toit amianté en Savoie a contaminé l’environnement et mis en danger la santé des personnes concernées, mais il semble que rien n’a changé pour mieux protéger la population.

Il y a toujours des artisans qui utilisent des nettoyeurs à haute pression pour nettoyer des toits amiantés.

Au début mai 2015 une entreprise est venue dans mon quartier pour nettoyer un toit en plaques fibrociment amiantées. Ils ont utilisé un nettoyeur à haute pression à eau chaude pour le nettoyage et pour enlever une couche de résine sur les ardoises amiantées.

Amiante 1 ... Un ouvrier en combinaison blanche (on voit au-dessus du toit la tête couverte de la capuche) utilise le nettoyeur. La résine est déjà enlévée sur ce côté du toit.


Pendant le nettoyage et l’enlèvement de la résine, les morceaux de résine ont été dispersés autour de cette maison, sur la rue et aussi dans mon jardin.

Amiante 2 ... Un morceau de résine enlévé du toit des plaques fibrociment amiantées arrivé sur la rue

Quand autant de morceaux de résine qui sont gigantesques par rapport aux fibres d’amiante sont dispersés autour de cette maison, où sont allés les fibres d’amiante qui ont été arrachées en enlevant la résine ?

« De 400 à 500 fois moins épaisses qu'un cheveu, les fibres d'amiante sont invisibles dans les poussières de l'atmosphère. Inhalées, elles peuvent se déposer au fond des poumons et provoquer des maladies respiratoires graves : plaques pleurales, cancers des poumons et de la plèvre (mésothéliome), fibroses (ou asbestose)… Certaines maladies peuvent survenir après de faibles expositions mais la répétition de l’exposition augmente la probabilité de tomber malade. Les effets sur la santé d’une exposition à l’amiante surviennent souvent plusieurs années après le début de l’exposition. »
Source : l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)

Mes voisins, moi et beaucoup d’autres personnes sommes passés dans la rue pendant les jours où l’entreprise a dispersé des nuages de nettoyage dans l’air.

Avons-nous inhalé des fibres d’amiante ?

Et après ces travaux doit-on redouter que l’environnement et entre autres nos jardins soient contaminés par l’amiante comme le jardin du couple en Savoie en 2005 ?

D’après l’association ANDEVA (Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante) contactée au téléphone le 21 mai 2015 il n’existerait pas de loi interdisant formellement de nettoyer des toit amiantés à haute pression en France.

Depuis le 1er janvier 2005, tous les pays de l’Union européenne ont interdit l’usage de l’amiante, ce qu’on a fait en France dès 1997.

Pourquoi n’a-t-on pas en même temps accordé la protection de la population de la contamination des fibres d’amiante libérées au nettoyage des toits amiantés à haute pression en interdisant ce type de travaux ?

Le nettoyage à haute pression des toits amiantés est interdit dans d’autres pays de l’Union européenne et passible d’une peine.

Voici trois examples :

1. En Allemagne

Sur le site du Département pour l’environnement, la protection du climat, l’agriculture et la protection du consommateur du Land de Hesse *) on peut lire entre autres ceci :

« Das Abspritzen von Asbestdächern oder -fassaden ist gesetzlich verboten.“

„Le nettoyage des toits ou des façades amiantées au jet d’eau est illégal. »

„Solche Arbeiten stehen nicht nur unter eheblichen Geldstrafen, sondern können wegen der erhöhten Freisetzung von Asbestfasern auch mit Krebs einhergehende Krankheitsbilder der Atmungsorgane, des Bauchfellraums und der Brust, verursachen…“.

„De tels travaux sont non seulement passibles d’une amende considérable, mais ils peuvent à cause de la libération augmentée des fibres d’amiante provoquer des maladies cancéreuses des organes respiratoires, du péritoine et de la poitrine... ».

« Beim Abspritzen von Asbestdächern werden umliegende Flächen kontaminiert.“

« En nettoyant des toits amiantés au jet d’eau les terrains autour seront contaminés.»

Source :

Hessisches Ministerium für Umwelt, Klimaschutz, Landwirtschaft und Verbraucherschutz
*) Traduction des textes allemands en français : MH

2. En Belgique

« 7.Les produits en amiante-ciment peuvent-ils être nettoyés ou débarrassés de leur mousse au moyen d'un nettoyeur haute presseion (karcher) ?

Non. Si vous enlevez la mousse d'une toiture contenant de l'amiante à l'aide d'un nettoyeur haute pression ou si vous la nettoyez avec un tel appareil, des fibres d'amiante pourraient se retrouver dans l'air ambiant. Vous mettrez ainsi la vie d'autres personnes en danger et serez punissable en vertu de la réglementation. Il est donc interdit de nettoyer les ardoises ou les plaques ondulées en amiante-ciment avec un nettoyeur haute pression, tout comme il convient également de proscrire absolument les interventions du type ponçage, meulage, découpe, percement, destruction volontaire et toutes les autres interventions agressives. « 

Source : Eternit et l'amiante-ciment

3. En Angleterre

“A roofing company has been fined £12,000 for causing asbestos contamination while carrying out cleaning work in a Leicestershire town.”

“Concept Roofing and Cladding of Hampshire was prosecuted by the Health and Safety Executive (HSE) after cleaning roofs in Market Harborough.”

“The company used a pressure washer on industrial roof tiles, causing asbestos fibres to be released.”

“A number of businesses in the Leicestershire County Council-owned units had to close for several weeks and the area had to be decontaminated at a cost of £500,000.”

"Asbestos fibres were found down the sides of the walls, in the drains and on bus stops.”

Source: BBC News: Roofing company fined £12,000 over asbestos error



Pourquoi laisse-t-on encore des entreprises en France mettre en danger la vie d’autres personnes en permettant l’utilisation des nettoyeurs à haute pression sur les toits amiantés et donc la dispersion à l’air des fibres d’amiante et la contamination de l’environnement, des terrains et des jardins ?

Pourquoi en France n’est-il toujours pas interdit d’utiliser un nettoyeur à haute pression sur un toit fibrociment amiante quand cela est interdit et passible d’une peine pour protéger la population dans d’autres pays de L’Union européenne ?

Et que sait-on sur l’impact des fibres d’amiante dispersées à l’air sur l’environnement, sur la santé des animaux domestiques et des animaux sauvages ? C’est aussi notre responsabilité de les protéger.

Rouge gorge jardin a ...................... Un rouge-gorge dans mon jardin - Quel est l'impact des fibres d'amiante sur sa santé ?


dimanche 30 novembre 2014

Big Brother vous regarde - Une nouvelle


Comme l'année dernière l'association Lennvor et la médiathèque François Mitterrand au Relecq-Kerhuon ont organisé un concours de nouvelles dans le cadre du ''15ème Salon du livre" le 30 novèmbre 2014.

Le sujet du salon de cette année était "Le roman, quelle histoire!" Les nouvelles devaient commencer ainsi : "Qui a oublié ce roman?"

Quand j’ai vu le sujet du salon du livre et de la nouvelle, le roman de George Orwell "1984" m'est venu à l'idée. Un roman écrit en 1948 mais qui n'ont jamais eu autant d'actualité qu'aujourd'hui. Orwell n'aurait probablement jamais pu s’imaginer l’envergure de la surveillance en 2014.

C'était en avril 1984 que Winston Smith, le protagoniste de roman „1984“, commence à écrire son journal. Pour qui écrit-il? Sa réponse : Pour l‘avenir. Pour les gens qui ne sont pas nés.

Cela m’a donné l’idée d’envoyer le roman „1984“ dans le monde par BookCrossing, exactement 30 ans plus tard, en avril 2014. En anglais, français et allemand. J'ai mis en route les livres sur mon propre pseudo. Ils sont partis du Relecq-Kerhuon et j'ai reçu des nouvelles et des commentaires pour plusieurs de ces livres.

Pour la nouvelle du concours j'ai inventé le pseudo "Quinou2014", et j'ai inventé les commentaires mais j'ai écrit ces commentaires sur la base des informations factuelles.

Selon les règles du concours la nouvelle devait avoir un maximum de trois pages dactylographiées. Dans le texte de ma nouvelle ci-dessous j'ai ajouté une image.

Avant de pouvoir envoyer ma nouvelle pour le concours j'avais besoin d'aide pour éliminer les erreurs de langage. Un grand merci à mes amis Lise, Babette et Marc qui ont corrigé le texte !

Sur le site de Lennvor vous pourrez voir qui a gagné le concours de 2014. Je n'ai pas gagné mais j'aime l'écriture et si je trouve intéressant le sujet du prochain Salon du livre, je me mettrai de nouveau à l’œuvre.

Ci-dessous la nouvelle "Big Brother vous regarde". Je serai contente de lire vos commentaires. Bonne lecture !

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Big Brother vous regarde


« Qui a oublié ce roman ? »

C’est tôt le matin. Per-Félicien et sa soeur Julia viennent d’arriver en ferry de Saint Malo. Per-Félicien redit à haute-voix la question et lève au ciel le livre qu’il a trouvé sur une petite table dans le hall de la gare maritime de Portsmouth. Mais personne ne montre d’intérêt pour le livre.


Livre sur la table de ferry


« Bizarre... Le titre et le nom d’auteur ont été noircis par l’éditeur Penguin. » Il ouvre le livre et le tend à sa soeur. « Le titre et l’auteur sont à l’intérieur. 1984. Écrit par George Orwell. « 

Julia fronce les sourcils. « 1984 ? Pourquoi ont-ils noirci ce titre sur la couverture ? »

« Aucune idée. Mais voici, la surprise numéro deux ! Ce livre n’était pas oublié. » Per-Félicien lui montre un autocollant au verso de la couverture expliquant qu’ils ont trouvé un livre voyageur enregistré sur le site Internet de BookCrossing où on peut suivre son trajet.

Julia se connecte aussitôt sur Internet avec son smartphone pour en apprendre plus sur le livre. « Il est enregistré par un Quinou2014 et mis en route dans une ville en Bretagne. » Elle regarde la caméra au plafond du hall. « Si on pouvait voir la vidéo de la caméra qui nous observe, nous saurions qui a déposé 1984. »

« Nous voilà ! Welcome to England ! »

Per-Félicien et Julia se tournent vers leur oncle Brian et tante Mari-Françoise. Ils sont venus les chercher accompagnés de leur fille ainée Cathy qui a 16 ans comme sa cousine Julia et est de trois ans la cadette de son cousin.

Peu après cet acceuil chaleureux les trois jeunes sont assis sur la banquette arrière de la voiture et étudient le livre trouvé, pendant que l’oncle conduit en direction de la maison.

Quinou2014 a laissé un message aux lecteurs qui donne aux trois une idée du sujet :

Big Brother vous regarde !

Orwell n'aurait probablement jamais pu s’imaginer l’envergure de la surveillance d’aujourd‘hui… Par l’État et par des entreprises commerciales… Secret et moins secret… Implicitement accepté par nous avec l’utilisation d’Internet, des smartphones, GPS…

Quelles pensées vous viennent pendant la lecture du roman d’Orwell „1984“ ? Je suis curieux de lire vos commentaires sous le numéro BCID sur www.bookcrossing.com.

« Vous parlez du roman 1984 d’Orwell ? » L’oncle les regarde dans le rétroviseur. « Je l’ai lu au lycée. A mon avis on ne doit pas comparer la surveillance dans le roman avec celle de nos jours. La surveillance d’aujourd’hui est plutôt utile que menaçante. Pensons à la sécurité des enfants par exemple. J’ai installé une application de géolocalisation sur les portables de tous mes enfants qui me permet sur mon smartphone de voir l’endroit où ils sont et leurs trajets parcourus. Et s’ils sortent de la zone géographique convenue je reçois une alerte sms automatique. On peut les retrouver immédiatement si quelque chose arrive. »

« Ça conforte la confiance en nos enfants. On peut vérifier s'ils font ce qu'ils nous ont dit. » La tante se tourne vers Per-Félicien et Julia. « Vous n’avez pas une telle appli ? »

« Je n’accepterais jamais que mes parents s’attachent à mes pas à l’aide d’une appli ! » On pouvait entendre l’indignation de Per-Félicien. « Voudrais-tu que ton mari te suive ainsi ? »

« Moi, je n’ai rien à cacher. Mais tu as mal compris. Le but ce n’est pas le contrôle, mais la sécurité de la famille. »

« Fin de la vie privée aussi dans la famille. Le NSA et ses pairs vous remercient de votre aide. »

Per-Félicien voit que l’oncle et la tante échangent un regard rapide, mais ils ne rétorquent rien. Les filles commencent à discuter à voix basse, et Per-Félicien se met à lire le roman.

Le soir les trois jeunes sont assis devant l’ordinateur de Cathy.

« Regarde ! Quinou2014 a mis en route plusieurs exemplaires de 1984. Génial ! Celui-ci a déjà voyagé loin ! » Cathy pointe avec la souris sur un livre qui est arrivé à New York. « Et celui-là à Berlin. Et un autre à Cracovie. »

« J’ai hâte de lire ce roman. » Julia se tourne vers son frère. « Tu t’es plongé dans ce livre toute la journée. Parle-nous-en ! »

« Pour vous faire un court résumé... Le roman a été écrit par Orwell en 1948. Le personnage principal Winston Smith vit à Londres en 1984 dans l’état de l’Océanie sous le règne totalitaire de Big Brother et du Parti. Winston travaille au Ministère de la Vérité où on confisque, détruit, réécrit et redistribue des documents du passé pour qu’ils soient à tout moment en accord avec la politique actuelle du Parti. Il y a des télécrans partout, des télés avec des caméras et micros qui surveillent tout le monde, non seulement en public, mais aussi chez eux, et qui peuvent s’adresser par haut-parleur à chaque personne surveillée. Les personnes qui déplaisent au Parti sont arrêtées et après elles se volatilisent. »

« Incroyable ! Orwell l’a imaginé en 1948 ? » Cathy est sidérée. « Aujourd’hui, en Angleterre, il y a plusieurs millions de caméras de surveillance. Beaucoup sont équipées d’un haut parleur pour diffuser des ordres aux gens surveillés. Un jour j’entendais une caméra au centre ville ordonner à une femme de ramasser une feuille de papier qu’elle avait perdue. »

Julia fait un sourire coquin. « Tu me montres où se trouve cette caméra qui parle ? Je voudrais bien l’essayer. »

« Bien sûr mais tu dois faire ton expérience sans moi. Imagine juste que mon père apprenne que la voix d’une caméra a aboyé après moi au vu et au su de tout le monde. Ça me fait froid dans le dos. » Cathy frissonne. » J’en ai déjà marre de l’appli de papa sur mon téléphone. Mais si je ne l’accepte pas, il trouve ça louche. »

« C’est vraiment extrême que ton père te traque. » Julia hoche la tête.

« Tu penses ? » Cathy tape quelques mots sur Google. « Regardez ici alors ! »

Ce qui apparaît sur l’écran sont des articles sur la surveillance des enfants et des ados. Sur des parents qui fixent un bracelet au poignet de leurs enfants pour les géolocaliser... Sur les puces électroniques qui sont cousues aux vêtements dans le même but... Sur les écoles dans de nombreux pays où de telles puces électroniques dans les vêtements des élèves sont obligatoires... Sur les jolis ours en peluche équipés d’une caméra et d’un micro invisible...

« Distribuons de tels nounours à tous les enfants pour que les petits apprennent à aimer la surveillance. » Propose Per-Félicien sur le ton de l’ironie. « Euh, au fait, ça aurait été une bonne idée pour les Espions en Océanie, l’organisation où les enfants sont entrainés à dénoncer à la Police de la Pensée tous les personnes qui se révèlent être déviants et en opposition du Parti, même leurs propres parents. Chez Orwell les petits Espions reçoivent des cornets acoustiques. Dans le cadre de la préparation ludique à leur future mission ils les utilisent pour écouter par les trous de serrures. »

Per-Félicien jette un coup d’oeil sur Julia qui semble lire quelque chose sur l’ordinateur. « Tu n’es pas intéressée par ce que je raconte du roman ? »

« Mais si ! On peut faire deux choses en même temps, non ? » Julia regarde son frère et lève les yeux au ciel. « Je viens juste de voir que celui qui a trouvé le livre à New York a écrit un commentaire. Écoutez ça ! «

Une lecture effrayante. Big Brother chez Orwell c’est le Parti. Aujourd’hui Big Brother peut être un gouvernement autant que les multinationales. Ils nous traquent partout dans notre vie. Ils enregistrent nos habitudes sur Internet, nos activités et nos contacts sur les réseaux sociaux, ils fouillent dans nos mails, surveillent notre vie par de nombreuses applications sur nos smartphones et nos achats par les cartes de fidélité. Sans oublier les enregistrements par les caméras de surveillance. Et tout ça nous laisse plus ou moins indifférents ? Lisez 1984 !

Un court silence s’installe puis Cathy prend la parole. « Indifférent, non. Mais on s’adapte. »

« Tiens ! Cette personne à New York a ajouté une note ! » Julia le lit à haute voix.

Dernières nouvelles :

En Thaïlande, où la junte militaire a restreint les libertés publiques, censuré la presse et arrêté des opposants à la dictature, le roman 1984 est devenu un symbole de résistance. Les manifestants descendent dans la rue en lisant silencieusement le livre d’Orwell.

Cette semaine le magazine de bord de Philippines Airlines a recommandé à ses passagers en route pour la Thaïlande de ne pas apporter le roman 1984 d’Orwell, pour éviter d'être pris pour un opposant à la junte militaire.

« Qu’en penses-tu, Cathy ? On s’adapte ? » Per-Félicien la regarde, pensif. « Peut-être devrions-nous mettre en route pour la Thaïlande des exemplaires de l’édition Penguin ? »

« Demain matin je veux déposer notre livre sous l’oeil de la caméra de surveillance au centre ville. » Julia semble sérieuse et déterminée.

Le lendemain après-midi on peut lire un nouveau commentaire sur le livre sur le site de BookCrossing :

Nous sommes désolés mais ce livre est perdu. Ce matin nous avons déposé cet exemplaire de 1984 sur un banc sous l’oeil d’une caméra parlante pour tester si l’opérateur de caméra nous demande de le remporter. Mais la caméra n’a pas réagi. Peu après une femme s’est approchée du banc. Elle a pris le livre, l’a regardé et feuilleté. Tout à coup elle s’est tournée vers la poubelle et elle a jeté le livre dedans. Après son départ nous avons essayé d’ouvrir la poubelle pour récupérer le livre. Mais la caméra nous a aboyé d’arrêter immédiatement, dans le cas contraire notre photo serait utilisée pour la constitution d’un fichier. Nous nous sommes enfuies. Encore désolés.

Julia ouvre le livre qu’ils ont acheté à la librairie et se met à lire.

jeudi 25 septembre 2014

Stolpersteine - Les pavés de la mémoire


Stolpersteine, les pierres d’achoppement, ce sont des pavés déposés dans les trottoirs de nombreuses villes d’Europe par l’artiste allemand Gunter Demnig à la mémoire des personnes déportées et assassinées sous le règne des nazis de 1933 à 1945.

Quand j’ai écrit l’article ci-dessous (traduit du norvégien) et l’ai publié dans le quotidien norvégien de Kristiansand Fædrelandsvennen, le 30 septembre 2008, le projet de Gunter Demnig était encore peu connu en Norvège.

Aujourd’hui, il y a dans de nombreuses villes de Norvège de tels pavés de la mémoire. Le 14 juin 2014, les premières Stolpersteine ont été incorporées dans les trottoirs de Bergen, mon ancienne ville d’adoption. Ces pierres sont dédiées à la mémoire de dix habitants juifs déportés et assassinés en 1942/43.


Stolpersteine_2_a_w_Welhavens_72.jpg
Stolpersteine_1_a_w.jpg Pavés de la mémoire pour Paul Borinski, 61 ans, et Alice Rosa Borinski, 51 ans.
Devant leur dernier domicile dans la rue Welhavens gate 73 à Bergen


En février 2013, treize Stolpersteine ont été déposées dans des trottoirs de Hambourg pour les travailleurs forcés français du Service du travail obligatoire (STO), originaires de Vendée qui ont été tués dans la nuit du 24 au 25 juillet 1943 sous des bombardement de Hambourg. Plus tard la même année, en octobre 2013, treize pavés de la mémoire ont été déposées en France, en Vendée, aux endroits où avaient habité ces travailleurs. Jusqu’à ce jour ce sont les seules Stolpersteine déposées en France.

Dans l’ensemble des pays européens il a été, selon le compte Twitter du projet Stolpersteine, jusqu’au 20 août 2014, déposé environ 48 000 de tels pavés de la mémoire. On trouve aujourd’hui des Stolpersteine en Autriche, en Belgique, en Croatie, en France, en Hongrie, en Italie, au Luxembourg, en Norvège, aux Pays-Bas, en Pologne, en Roumanie, en Russie, en Slovaquie, en Slovénie, en Suisse, en Tchéquie et en Ukraine.

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Lisez ci-dessous "Stolpersteine - Les pavés de la mémoire"

Une traduction de l'article "Snublesteiner for å huske" publié dans le quotidien norvégien Fædrelandsvennen, le 30 septembre 2008.
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Stolpersteine - Les pavés de la mémoire


Au milieu des pavés gris, sur le trottoir d’une rue de Berlin, notre regard est attiré par quelque chose d’insolite. Devant un immeuble de plusieurs étages nous nous arrêtons et penchons la tête sur un petit carreau en laiton qui tranche sur les autres pavés de la rue.

Ce que nous faisons spontanément pour pouvoir lire l’inscription sur le pavé aux reflets dorés, c’est l’intention de l’homme qui a déposé cette plaque de la mémoire : Nous nous courbons sur le nom et devant le dernier domicile choisi librement d’une jeune femme qui a été déportée et assassinée sous le règne des nazis entre 1933 et 1945.

Depuis le début des années 1990 l’artiste allemand Gunter Demnig a ainsi déposé environ 12 500 pavés de la mémoire, la plupart en Allemagne, mais aussi en Autriche, en Hongrie et aux Pays-Bas.

Il les appelle « Stolpersteine », pierres d’achoppement. Ces pierres nous font trébucher, non pas au sens littéral, mais en nous incitant à nous arrêter et, détournant notre attention de nos occupations du jour, à nous pencher sur le destin de personnes qui ont vécu dans les immeubles devant lesquels nous passons. Des personnes qui ont été déportés et assassinés parce qu’ils étaient juifs, tziganes, opposants politiques, homosexuels, témoins de Jéhovah, handicapés ou patients psychiatriques.

Cela nous émeut et nous rapproche de ceux qui ont été les victimes des nazis de lire les inscriptions sur les pavés de la mémoire en parcourant les rues, et ensuite de prendre le temps de regarder la maison où ils avaient une vie quotidienne tout comme nous. Les personnes derrière les noms se précisent, nous voyons une partie de leur vie.

Le projet de Gunter Demnig a commencé en 1993 avec une action à la mémoire de la déportation des Sintis et des Roms dans la ville de Cologne en 1940. À l’époque une femme d’un certain âge a adressé la parole à Demnig en prétendant qu’il n’avait jamais habité de tziganes dans leur voisinage. Cela lui a fait comprendre que très peu de gens aujourd’hui se rendent compte de ce qui s’est passé dans leur proximité immédiate pendant les années de 1933 à 1945. Que des gens avaient été enlevés de leur chez-soi et déportés. « Auschwitz était le but et le terminus, mais l’inimaginable, les atrocités ont commençaient dans les appartements et des maisons. « dit Demnig.

Beaucoup d’élèves allemands ont fait des projets scolaires pour en découvrir plus sur ce qui s'est passé avec les victimes des nazis dans leur voisinage, ce qui est devenu le point de départ pour déposer des Stolpersteine dans les rues où les victimes avaient habité.

Au Max-Planck-Oberschule, un lycée de Berlin-Mitte, les élèves se sont depuis 2001 engagés dans le «Projekt Stolpersteine» (projet des pierres d’achoppement). Sur le site Internet de l’école les élèves ont raconté leurs expériences :

« Derrière les simples faits se cachent de nombreux destins et tragédies qui nous émeuvent profondément. Nous avons appris que l’histoire, ce n’est pas juste quelque chose d’abstrait se manifestant dans nos livres d’histoire, mais qu’il est possible de faire connaître l’histoire émotionnellement en trouvant des témoignages sur la vie des gens. Le travail sur le projet des pierres d’achoppement nous a fait comprendre que quand on parle de la persécution des juifs, il ne s’agit pas seulement d’Anne Frank ou de la Nuit de Cristal, mais de gens ordinaires qui étaient des voisins de nos grand-parents. Cette expérience a été profonde et émouvante pour nous. »

De nombreux élèves ont commémoré les victimes des nazis là où ils étaient chez eux, au point de départ. Et nombre d’entre eux ont aussi visité les camps de concentration, terminus du chemin de la torture et de l’assassinat.

Plus de 20 000 élèves vont chaque année en voyage scolaire de la Norvège aux camps de concentration en Allemagne et Pologne. «Aktive Fredsreiser» informe sur son site Internet que depuis 1992, ”180 000 Norvégiens sont allés entre les baraques de couleur brun gris d’Auschwitz voir de leurs propres yeux les gibets, les montagnes de chaussures et les chambres à gaz. »

J’ai été moi-même il y a longtemps comme élève en visite au camp de concentration de Bergen-Belsen. Je me souviens que particulièrement les photos des prisonniers m’ont fait une impression profonde.

En même temps ce que l’on voit est si monstrueux qu’on perd pour ainsi dire le rapport avec notre propre vie quotidienne. Cela semble simplement si inhumain.

Inhumain ?

C’étaient des gens ordinaires qui étaient responsables de la torture et de l’assassinat dans les camps de concentration. C’étaient des gens ordinaires qui étaient responsables des déportations de chez eux.

”À 10h30 le 25 octobre 1942 les commissariats de police du pays recevaient un télégramme du chef de la police nazie norvégienne (statspolitisjef) Karl Marthinsen avec l’ordre d’arrêter tous les juifs masculins de plus de 15 ans, quel que soit leur âge, ayant une carte d’identité estampillée « J » , et de les transporter à Kirkeveien 23 à Oslo. Les arrestations devaient s’effectuer le 26 octobre, et toutes les femmes juives adultes allaient se voir imposer la déclaration obligatoire (au commissariat de leur quartier). L’arrestation se basait sur la loi du 24 octobre 1942. Les juifs masculins, la plupart de Norvège du sud, étaient internés à Berg en dehors de Tønsberg. Ce ne sont que des Norvégiens, qui ont procédé aux arrestations. Le camp de concentration de Berg dépendait du Ministère de la Police, et la garde était norvégienne. Un certain nombre d’exactions ont été commis sur les 336 de juifs qui étaient internés à Berg. » (Source : Deportasjonen av norske jøder, Holocaustsenteret – Déportations des juifs norvégiens, Centre sur l’Holocauste, Oslo)

Le médicin allemand Herta Oberheuser a été condamnée au procès de Nuremberg parce qu’elle avait effectué des expériences médicales d’une cruauté inimaginable sur des prisionnières du camp de concentration de Ravensbrück.

Herta Oberheuser parlait des femmes qu’elle avait torturées et tuées comme de « lapins ».

Est-ce ainsi que cela commence ? Quand nous ne voyons plus nos semblables comme faisant partie de la communauté humaine ? Quand nous ne les voyons plus comme faisant partie de nous ?

Cela signifierait qu’il est encore plus important de perpétuer le souvenir des victimes des nazis dans notre voisinage.

Selon des renseignements donnés par le Holocaustsenteret (Centre sur l’Holocauste, Oslo) 771 des juifs de Norvège ont été déportés vers les camps d’extermination. Seuls 34 d’entre eux ont survécu. Cela a été effectué sous l’occupation de l’Allemagne nazie, mais ceux qui ont enlevé les juifs appartenaient à la police norvégienne, laquelle à Oslo a eu l’aide d’une centaine de chauffeurs de taxi pour l’arrestastion des femmes juives, des enfants et des personnes âgées.

Outre les juifs et les prisonniers de guerre, plus de 9000 personnes ont été déportées de Norvège vers les prisons, bagnes et camps en Allemagne et dans les zones occupées. Environ 6000 d’entre eux était des prisonniers politiques. Presque 800 de ceux-ci sont morts.

Peut-être des élèves norvégiens pourraient-ils prendre l’initiative de projets scolaires pour en découvrir plus sur ce qui s'est passé chez eux pendant la guerre avec les victimes des nazis.

La pose des pierres d’achoppement pour les victimes des nazis en Norvège pourrait tout comme en Allemagne et en d’autres pays être pour chacun d’entre nous un important monument évocateur dans notre vie quotidienne.

Stolpersteine_4_a_w.jpg
Stolpersteine_3_a_w.jpg Pavés de la mémoire pour
Israel Josef Becker, 26 ans, Sam Becker, 2 ans, Ida Becker, 26 ans,
Oscar Müller, 15 ans, Cecylie Müller, 36 ans, Berta Müller, 11 ans.

La famille Becker habitait à Bergen dans la rue Welhavens gate 36. La famille Müller habitait dans la rue Møhlenprisbakken 4 a. Les maisons où ils habitaient n'existent plus.

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En savoir plus :

Site de Gunter Demnig Stolpersteine : L'histoire du projet, des informations sur la pose des pavés de la mémoire (en allemand et anglais).
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Dans des nombreuses villes il y a des sites Web avec un aperçu des endroits des pavés de la mémoire et les biographies des victimes, comme à Berlin : Stolpersteine Berlin (en allemand et anglais)
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Vidéo de la pose des Stolpersteine à Bergen en présence de Madame le maire de la ville, Trude Drevland :
Stumblestones
(L'inscription sur les pavés : Her bodde = Ici habitait ; Fødselsår = Année de naissance ; Deportert = Déporté ; Drept = Assassiné)
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Articles de Ouest-France sur les travailleurs forcés déportés de la Vendée à Hambourg :

70 ans après, il vit en amitié avec les Reineke

Hambourg honore la mémoire de 13 Vendéens

Les STO vendéens, les oubliés de l'Histoire
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mardi 24 juin 2014

Droit de vote pour les citoyens norvégiens aux élections locales dans l’UE


Le quotidien norvégien BERGENS TIDENDE a aujourd'hui publié une version abrégée de la note de blog ci-dessous, intitulée :


Gi meg stemmerett (Donne-moi le droit de vote)


Gi meg stemmerett, BT, 24. juni 2014


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Droit de vote pour les citoyens norvégiens aux élections locales dans l’UE


Au Conseil Municipal de Bergen il y a avec Diane Berbain comme suppléante et sécrétaire du groupe Miljøpartiet De Grønne (Parti de l’Environnement - Les Verts) une représentante ayant la nationalité française. Comme citoyenne française elle a le droit de vote et l’éligibilité en Norvège aux élections municipales (kommunestyrevalg) et aux élections régionales (fylkestingsvalg).

J’ai quitté Bergen et me suis installée en France. Comme citoyenne norvégienne je n’ai pas de droit de vote dans la commune française de mon domicile.


Drapeaux Rue de la Corniche LRK


Les citoyens de l’Union Europénne en Norvège ont le droit de vote et l’éligibilité aux élections locales et régionales alors que les Norvégiens dans beaucoup de pays de l’UE n’ont aucun droit de vote. Pourquoi la Norvège n’a pas veillé dans le cadre de la convention de l’Espace Economique Européen (EEE) à ce que les citoyens norvégiens domicilés dans un pays de l’Union Européenne aient accordé le droit de vote aux élections locales tout comme les citoyens de l’UE en Norvège ? La réciprocité est autrement un principe fondamental concernant d’autres droits dans l’UE/EEE.

En Norvège tous les étrangers y compris les citoyens européens, qui habitent au moins depuis trois ans dans le pays, ont depuis 1982 le droit de vote et aussi le droit d'éligibilité aux élections municipales et régionales. Les étrangers originaires des pays nordiques ont ce droit dès leur première année de résidence en Norvège.

Dans l’Union Européenne les citoyens de l’UE, qui résident dans un autre pays que leur pays d’origine, ont depuis la convention de Maastricht en 1992 le droit de vote aux élections locales dans la commune de leur domicile. Pour les citoyens norvégiens on a laissé à l’appréciation de chaque pays si on veut accorder le droit de vote.

Sur le site Internet d’EUDO CITIZENSHIP, qui fait partie de “European Union Democracy Observatory “ (EUDO), il y a un aperçu du droit de vote et de l’éligibilité dans l’Union Européenne.*)

Dans les pays nordiques de l’UE, au Danemark, en Suède et en Finlande, les citoyens norvégiens ont le même droit de vote aux élections locales que les citoyens de ces pays en Norvège. L’Espagne a donné sur la base de la réciprocité le droit de vote aux citoyens norvégiens après une résidence de trois ans, alors qu’en revanche l’éligibilité est réservée aux citoyens de l’UE. Au Portugal les Norvégiens ont sur la base de la réciprocité le droit de vote et l’éligibilité après une résidence de cinq ans.

Comme pour les autres citoyens des pays hors de l’UE le droit de vote aux élections locales peut être accordé aux Norvégiens dans six pays de l’UE après au moins cinq ans de résidence (Belgique, Hongrie, Luxembourg, Pays-Bas, Slovénie), après au moins huit ans de résidence (Slovaquie) ou après long temps de résidence (Estonie) et en partie d’autres prérequis spécifiés. En plus dans quatre de ces pays on n’accorde que le droit de vote et pas l’éligibilité (Belgique, Estonie, Hongrie, Slovénie). L’Irlande a donné le droit de vote et l’éligibilité aux élections locales à tous les citoyens étrangers domiciliés dans le pays sous les mêmes conditions qui s’appliquent aux citoyens d’Irlande.

En Allemagne, Angleterre, Autriche, Bulgarie, Chypre, Croatie, France, Grèce, Italie, Lettonie, Malte, Pologne et Tchéquie le droit de vote aux élections locales est exclusivement réservé aux citoyens européens.

Les Norvégiens ont comme tous les autres citoyens de l’EEE/l’UE le droit de travailler, faire des études et de résider dans d’autres pays de l’UE/EEE. Mais quant aux élections locales dans la commune de domicile ce n’est que dans les trois pays nordiques de l’UE, le Danemark, la Suède et la Finlande, qu’on applique le principe de la réciprocité. Même si la réciprocité est à la base du droit de vote des Norvégiens au Portugal et en Espagne il y a d’autres conditions pour les citoyens norvégiens dans ces pays que pour les citoyens portuguais et espagnols en Norvège. Dans près de la moitié des pays de l’UE les citoyens norvégiens n’ont aucun droit de vote.

Le droit de vote est la base fondamentale de la démocratie, et c’est aussi un droit important pour chacun des habitants. Avoir le droit de vote et être éligible aux élections locales dans la commune de domicile donne la possibilité d’exercer une influence aux décisions de la commune sur les domaines qui concernent directement la vie de chacun, comme p.ex. l’infrastructure de la commune, les impôts et taxes locales, la politique scolaire, l’aide aux personnes âgées et le programme culturel.

Il y a déjà 32 ans que la Norvège a accordé le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, et ce faisant a reconnu l’importance de donner à tous les habitants la possibilité de s’engager dans la vie politique. Comme citoyenne norvégienne résidant en France, je demande aux politiciens norvégiens, dans les meilleurs délais, d’entamer des négociations avec l’Union Européene sur le droit de vote des citoyens norvégiens.

Prenant comme point de départ la réciprocité qui autrement donne la base des conventions avec l’UE, le droit de vote et l’égibilité réciproque pour les citoyens de l’UE résidant en Norvège et les citoyens norvégiens résidant dans un pays de l’UE devrait être une évidence.

=> Version norvégienne de cette note : Stemmerett ved lokalvalg for nordmenn bosatt i EU-land

....................................................................................................................... Source : http://eudo-citizenship.eu/electora... (16 juin 2014)

Stemmerett ved lokalvalg for nordmenn bosatt i EU-land


Den norske avisen BERGENS TIDENDE har i dag publisert en forkortet version av blogginnlegget nedenfor, under tittelen:


Gi meg stemmerett


Gi meg stemmerett, BT, 24. juni 2014


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Stemmerett ved lokalvalg for nordmenn bosatt i EU-land


Bergen Bystyre har med Diane Berbain som 3. vararepresentant og gruppesekretær for Miljøpartiet De Grønne en representant med fransk statsborgerskap. Som fransk statsborger har hun stemmerett og valgbarhet i Norge ved kommunestyre- og fylkestingsvalg.

Jeg har flyttet fra Bergen til Frankrike. Som norsk statsborger har jeg ikke stemmerett i min franske bostedskommune.


Drapeaux Rue de la Corniche LRK


EU-borgere i Norge har stemmerett og valgbarhet ved kommunestyre- og fylkestingsvalg mens nordmenn i mange EU-land ikke har stemmerett i det hele tatt. Hvorfor har ikke Norge i forbindelse med EØS-avtalen sørget for at norske statsborgere bosatt i land i den Europeiske Union fikk stemmerett ved lokalvalg på samme måte som EU-borgere i Norge? Resiprositet er jo ellers et grunnleggende prinsipp i forhold til rettighetene i EU/EØS.

I Norge har siden 1982 alle utenlandske innbyggere som i minst tre år har bodd i landet, og dermed også EU-borgere, stemmerett og valgbarhet ved kommunestyre- og fylkestingsvalg. Statsborgere fra de nordiske landene har stemmerett fra det første året de bosetter seg i Norge.

I den Europeiske Union har etter Maastricht-avtalen fra 1992 EU-borgere som er bosatt i et annet EU-land enn hjemlandet, stemmerett ved lokalvalg i sin bostedskommune. For norske statsborgere er det overlatt til det enkelte EU-land om stemmeretten innvilges.

På nettsiden EUDO CITIZENSHIP, en del av “European Union Democracy Observatory “ (EUDO), finnes en oversikt over stemmerett og valgbarhet i den Europeiske Union.*)

I de nordiske EU-land Danmark, Sverige og Finland har norske statsborgere tilsvarende stemmerett ved lokalvalg som statsborgere fra disse landene i Norge. Spania har på grunnlag av resiprositet gitt norske statsborgere stemmerett etter en botid på tre år, valgbarhet er derimot forbeholdt EU-borgere. I Portugal har nordmenn med utgangspunkt i resiprositet stemmerett og valgbarhet etter fem års botid.

Som andre statsborgere fra land utenfor EU kan nordmenn få innvilget stemmerett ved lokalvalg i seks EU-land etter minst fem års botid (Belgia, Litauen, Luxembourg, Nederland, Slovenia, Ungarn) etter minst 8 års botid (Slovakia) eller lang botid (Estland) og til dels andre spesifiserte forutsetninger. Dessuten innvilges det i fire av disse landene bare stemmerett og ikke valgbarhet (Belgia, Estland, Slovenia, Ungarn). Irland har gitt alle fast bosatte utenlandske statsborgere stemmerett og valgbarhet ved lokalvalg etter de samme reglene som gjelder for Irlands egne statsborgere.

I Bulgaria, Frankrike, Hellas, Italia, Kroatia, Kypros, Latvia, Malta, Polen, Tsjekkia, Tyskland, Storbritannia og Østerrike er stemmeretten ved lokalvalgene utelukkende forbeholdt EU-borgere.

Nordmenn har som alle EØS/EU-borgere rett til å arbeide, studere og bosette seg i andre land i EU/EØS. Men når det gjelder lokalvalg i bostedskommunen så anvendes resiprositetsprinsippet bare i de tre nordiske EU-land Danmark, Sverige og Finland. Selv om Portugal og Spania legger resiprositet til grunn for nordmenns stemmerett så gjelder andre betingelser for norske statsborgere i disse landene enn for portugisiske og spanske statsborgere i Norge. I nesten halvparten av EU-landene har ikke norske statsborgere stemmerett i det hele tatt.

Stemmeretten er selve grunnlaget for demokratiet, og den er også en viktig rettighet for den enkelte innbygger. Å kunne stemme og å være valgbar ved lokalvalg i bostedskommunen gir mulighet for innflytelse over kommunens avgjørelser på områder som direkte berører den enkeltes liv, som f.eks. kommunens infrastruktur, lokale skatter og avgifter, skolepolitikk, eldreomsorg og kulturtilbud.

Norge har allerede for 32 år siden gitt stemmerett ved lokalvalg til utenlandske statsborgere og dermed sett betydningen av å gi alle innbyggerne mulighet til å engasjere seg i det politiske livet. Som norsk statsborger bosatt i Frankrike vil jeg oppfordre norske politikere til snarest mulig å innlede forhandlinger med den Europeiske Union om norske statsborgeres stemmerett i EU.

Med utgangspunkt i den resiprositeten som ellers danner grunnlaget for avtaler med EU, burde gjensidig stemmerett og valgbarhet for EU-borgere bosatt i Norge og norske statsborgere bosatt i EU-land være en selvfølgelighet.

=> Dette blogginnlegget på fransk: Droit de vote pour les citoyens norvégiens aux élections locales dans l’UE ....................................................................................................................... Kilde: http://eudo-citizenship.eu/electora... (lastet ned 16. juni 2014)

vendredi 13 juin 2014

Snublesteiner for å huske

Da jeg i 2008 skrev en kronikk om snublesteinene, var dette projektet til den tyske kunstneren Gunter Demnig lite kjent i Norge. Siden den gangen har det skjedd mye, og i mange byer i Norge finnes det nå disse steinene til minne om mennesker som ble deportert og myrdet under nazistenes herredømme.

I morgen blir det lagt ned de første snublesteiner i fortauet på Møhlenpris i min tidligere hjemby Bergen. Disse steinene skal minne om ti jødiske innbyggere som ble deportert og myrdet 1942/43.


Stolpersteine_2_a_w_Welhavens_72.jpg
Stolpersteine_1_a_w.jpg Snublesteiner lagt ned den 14. juni 2014, til minne om
Paul Borinski, 61 år, og Alice Rosa Borinski, 51 år.
Foran den siste boligen deres i Welhavens gate 73 i Bergen


Nedenfor finner dere kronikken "Snublesteiner for å huske" som ble publisert i avisen "Fædrelandsvennen" i Kristiansand den 30. september 2008.

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Snublesteiner for å huske

Kanskje kunne norske elever i skoleprosjekter ta initiativ til å finne mer ut av hva som skjedde under krigen med nazistenes ofre i deres nærmiljø.

Midt imellom de grå steinplatene på fortauet i en gate i Berlin blir blikket vårt tiltrukket av noe uvanlig. Foran et flere etasjers bolighus stopper vi opp og bøyer hodene over en liten firkantet messingplate som bryter med det vanlige belegget i gaten. Det vi gjør helt spontant for å kunne lese innskriften på den gyldent skimrende fortaussteinen er tilsiktet av mannen som la ned denne minneplaten: Vi bøyer oss over navnet og foran den siste selvvalgte boligen til en ung kvinne som ble deportert og drept under nasjonalsosialistenes herredømme fra 1933 til 1945.

Siden begynnelsen av 1990-årene har den tyske kunstneren Gunter Demnig lagt ned omtrent 12.500 slike minnesteiner, de fleste i Tyskland men også i Østerrike, Ungarn og Nederland.

«Stolpersteine» kaller han dem, snublesteiner. Steinene får oss til å snuble, ikke i bokstavelig forstand, men ved å få oss til å stoppe opp og å lede oppmerksomheten fra våre ærend i byen over på skjebnen til mennesker som en gang levde i boligene vi passerer. Mennesker som ble deportert og myrdet, fordi de var jøder, sigøynere, politisk forfulgte, homofile, Jehovas vitner, funksjonshemmede eller psykiatriske pasienter.

Det berører oss og skaper nærhet til dem som ble nazistenes ofre å lese på minnesteinene idet vi går gjennom gaten og så tar oss tid til å betrakte huset hvor de hadde en hverdag akkurat som oss. Menneskene bak navnene blir tydeligere, vi ser en del av livet deres.

Gunter Demnigs prosjekt begynte i 1993 med en aksjon for å minne deportasjonen av Sinti og Roma i byen Köln i 1940. En eldre kvinne snakket til Demnig den gangen og påsto at det aldri hadde bodd sigøynere i deres nabolag. Det fikk ham til å forstå at de færreste i dag er klar over hva som skjedde i deres umiddelbare nærhet i årene 1933 til 1945. At mennesker ble revet ut av hjemmene og deportert. «Auschwitz var målet og endepunktet, men i leilighetene og husene begynte det ufattelige, det grufulle,» sier Demnig.

Mange tyske elever har i skoleprosjekter arbeidet med å finne mer ut om nazistenes ofre i nabolaget, noe som ble utgangspunkt for nedleggelse av snublesteiner i gatene hvor ofrene hadde bodd.

Ved Max-Planck-Oberschule, et gymnas i Berlin-Mitte, har elevene siden 2001 engasjert seg i «Projekt Stolpersteine». På skolens internettside har elevene fortalt om sine erfaringer:

«Bak tørre fakta står mange skjebner og tragedier, som går veldig inn på en. Vi har lært at historie ikke bare er noe som er abstrakt nedfelt i historiebøkene, men at det er mulig å erfare historie emosjonelt gjennom å finne vitnesbyrd om menneskers liv. Arbeidet med snublesteinprosjektet har latt oss forstå at jødeforfølgelse ikke bare handler om Anne Frank og krystallnatten, men om de vanlige menneskene som var naboer til våre besteforeldre. Denne erfaringen var dyptgripende og bevegende for oss.»

Mange elever har minnet nazistenes ofre der hvor de var hjemme, ved utgangspunktet. Og mange har også besøkt konsentrasjonsleirene, endepunktet på veien til tortur og drap.

Fra Norge reiser hvert år over 20 000 elever på klassetur til konsentrasjonsleirene i Tyskland og Polen. «Aktive Fredsreiser» opplyser på sine nettsider at siden 1992 har «180 000 nordmenn spasert blant de gråbrune brakkene i Auschwitz og med egne øyne sett galgene, skohaugene og gasskamrene».

Jeg var selv for lenge siden som elev på besøk i konsentrasjonsleiren Bergen-Belsen. Særlig bildene av fangene husker jeg gjorde et dypt inntrykk.

Samtidig er det en ser så uhyrlig, at en liksom mister sammenhengen med vår egen vanlige hverdag. Det virker bare så umenneskelig.

Umenneskelig?

Det var vanlige mennesker som var ansvarlig for tortur og drap i konsentrasjonsleirene. Det var vanlige mennesker som var ansvarlig for deportasjonen fra hjemmene.

«Klokken 10.30 den 25. oktober 1942 mottok landets politimyndigheter et telegram fra statspolitisjef Karl Marthinsen med ordre om at alle mannlige jøder over 15 år, som hadde legitimasjonskort stemplet med J, skulle arresteres uansett alder, og transporteres til Kirkeveien 23 i Oslo. Arrestasjonene skulle iverksettes 26. oktober, og alle voksne jødinner skulle pålegges meldeplikt. Arrestasjonen ble hjemlet i lov av 24. oktober 1942. De mannlige jødene, flesteparten fra Sør-Norge, ble internert på Berg utenfor Tønsberg. Kun nordmenn deltok i arrestasjonene. Berg konsentrasjonsleir var underlagt Politidepartementet, og vaktmannskapene var norske. Flere overgrep ble begått mot de 336 jødene som ble internert på Berg.» (Deportasjonen av norske jøder, Holocaustsenteret)

Den tyske legen Herta Oberheuser ble i Nürnberg-prosessene dømt fordi hun hadde gjennomført ufattelig grusomme medisinske eksperimenter med kvinnelige fanger i konsentrasjonsleiren Ravensbrück.

Herta Oberheuser omtalte kvinnene hun hadde torturert og drept som «kaniner».

Er det der det begynner? Når vi ikke lenger ser på våre medmennesker som en del av det menneskelige fellesskapet? Når vi ikke lenger ser på dem som en av oss? Det ville gjøre det enda viktigere å minnes nazistenes ofre i nabolaget.

Etter opplysninger fra Holocaustsenteret ble 771 av Norges jødiske innbyggere deportert til utryddelsesleirer. Bare 34 av dem overlevde. Det skjedde under okkupasjonen av Nazi-Tyskland, men de som hentet jødene tilhørte norsk politi, som i Oslo fikk hjelp av hundre drosjesjåfører ved arrestasjonen av jødiske kvinner, barn og gamle.

I tillegg til jødene og krigsfangene ble over 9.000 personer fra Norge deportert til fengsler, tukthus og leirer i Tyskland og i de tyskokkuperte områdene. Omtrent 6.000 av dem var politiske fanger. Av disse døde nesten 800.

Kanskje kunne norske elever i skoleprosjekter ta initiativ til å finne mer ut om hva som skjedde med mennesker som ble nazistenes ofre i deres nærmiljø?

Nedleggelse av snublesteiner for nazistenes ofre i Norge kunne akkurat som i Tyskland og i andre land være en viktig påminnelse i hverdagen for oss alle.


Stolpersteine_4_a_w.jpg
Stolpersteine_3_a_w.jpg Snublesteiner lagt ned den 14. juni 2014, til minne om
Israel Josef Becker, 26 år, Sam Becker, 2 år, Ida Becker, 26 år,
Oscar Müller, 15 år, Cecylie Müller, 36 år, Berta Müller, 11 år.

Familien Becker bodde i Welhavens gate 36 i Bergen. Familien Müller bodde i Møhlenprisbakken 4 a. Husene finnes ikke lenger.


........................................................................................................................................................................................ Her finner dere den franske versjonen av "Snublesteiner for å huske":

Stolpersteine - Les pavés de la mémoire
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lundi 3 mars 2014

Une nouvelle : Le secret du bois de Keroumen


En novèmbre 2013 l'association Lennvor et la médiathèque François Mitterrand au Relecq-Kerhuon ont organisé un concours de nouvelles dans le cadre du ''14ème Salon du livre". (http://lennvor.e-monsite.com/pages/concours-de-nouvelles.html)

Le sujet de concours était "Services secrets sans secrets – Agent 0029 Permis de lire". Les nouvelles devaient commencer ainsi : "Allo, Agent 0029 ? vous trouverez votre ordre de mission à l'endroit habituel....."

J'avais envie de participer au concours. Je savais, bien sûr, qu'après seulement un an en France je ne pouvais pas faire jeu égal avec les participants français concernant la capacité d'expression en langue française. Mais j'aime l'écriture, et je me suis mise à l’œuvre...

Avant de pouvoir envoyer ma nouvelle pour le concours j'avais besoin d'aide pour éliminer les erreurs de langage. Un grand merci à mes amis Babette et Marc qui ont corrigé le texte !

Sur le site de Lennvor (lien ci-dessus) vous pouvez voir qui a gagné le concours.

Selon les règles du concours la nouvelle devait avoir un maximum de trois pages dactylographiées. Dans le texte de la nouvelle ci-dessous j'ai ajouté des images.


Pour ce concours local je voulais écrire une nouvelle où l'action se déroulait au Relecq-Kerhuon. J'ai fait des recherches pour voir s'il y avait quelque chose dans l'histoire de la ville qui pouvait être la trame de mon histoire. Et je l'ai trouvé...

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Le secret du bois de Keroumen


« Allo, Agent 0029 ? Vous trouverez votre ordre de mission à l'endroit habituel... »

Comme d’habitude j’entends une voix synthétique à l’autre bout de la ligne. Je tape mon code personnel sur mon téléphone pour confirmer que c’est moi qui ai reçu le message.

« Merci et à la prochaine ! » Clic. La connexion est coupée.


Depuis ma formation d’agent, je n’avais rencontré qu’une seule fois quelqu’un en chair et en os. C’était le 21 décembre 2012 au Relecq-Kerhuon pendant la fête de « La nuit singulière ». Ce soir-là « ils » m’avaient contactée à la faveur de l’obscurité dans la foule qui suivait le spectacle « DéKrochons la Lune ». Outre mon code personnel, j’ai reçu une boîte contenant l’odeur de repérage des messages pour mon chien renifleur et la clé de cryptage pour les agents en service. Ainsi j’étais embrigadée dans le corps des agents actifs.

J’ai maintes fois pensé à ce soir-là. « Ils » avaient bien choisi le moment de notre rencontre. Décrocher la lune... C’est souvent la mission d’une agente comme moi.


La nuit singulière 21 décembre 2012... La nuit singulière 21 décembre 2012 « DéKrochons la Lune »


Mais retour au message reçu à l’instant. Il faut que j’agisse sans délai.

« Kariad, au travail !»

Mon assistant, un chien noir renifleur très doué, sort vite de son panier et s’assoit devant moi me regardant plein d’espoir. Il aime beaucoup travailler et trouver des « choses ».

Cinq minutes plus tard nous sommes sur le sentier côtier en direction du pont Albert Louppe et du Bois de Sapins. Il fait chaud, le soleil brille et c’est presque la pleine mer. Je sais que Kariad a très envie de nager. Mais non, une nouvelle mission nous attend.

Au pont nous prenons le sentier qui mène à la maison de péage « Brest ». C’est la fin de l’après-midi du premier dimanche d’octobre. Le café a fermé ses portes pour l’hiver, de même que les expositions dans l’autre maison de péage. Tout est tranquille. Il n’y a pas un chat.

Je tends à Kariad une capsule de l’odeur qui marque la boîte aux lettres morte. Il renifle, puis il me regarde et commence à remuer la queue. Il est fin prêt pour la recherche.

« Kariad, apporte ! « Je détache la laisse de son collier, il se met aussitôt à la recherche.

Je le suis dans le Bois de Sapins.

Après trois minutes, il m’apporte la boîte aux lettres morte, comme d’habitude, un morceau de branche comme ceux que les chiens aiment rapporter. Je regarde la branche de plus près. Oui, elle est creusée et puis soigneusement rebouchée. Kariad l’a trouvée parmi la multitude de branches dans le Bois de Sapins. Bravo ! Il a bien mérité sa balle comme récompense.


Bois de Sapins... Dans le Bois de Sapins


Il faut savoir que Kariad n’a pas encore beaucoup d’expérience pour la recherche des messages. Jusqu’il y a peu « ils » m’ont contacté presque exclusivement par courriel crypté, mais après les révélations des derniers mois sur l’espionnage d’Internet de certains services de renseignements, l’emploi des boîtes aux lettres mortes est en pleine recrudescence.

Une heure plus tard, je regarde le résultat du décryptage du message trouvé dans la boîte aux lettres morte :

BR9 QUE 250 - 6/7 248

J’ai déjà contrôlé le décryptage deux fois car je pensais que j’avais fait une erreur et que le résultat devait être un numéro d’immatriculation. Mais à chaque fois le résultat était le même. Peut-être s’agit-il d’une adresse au Relecq-Kerhuon : 9 Rue B... et d’un nom : Que... ? Mais que signifient les autres chiffres ? Mystère.

Kariad pose sa tête sur mes genoux m’interrogeant du regard : Peut-on faire une promenade ?

Je lui montre le message : « Tu vois ça ? Il faut qu’on résolve ce mystère avant de sortir ! »

Kariad renifle en direction de la feuille et émet un bref aboiement.

« D’accord. Tu es un excellent renifleur, mais tu ne sais pas lire. »

Lire... Livres... Pourrait-il s’agir d’un code d’un livre de la médiathèque ? Un coup d’oeil sur les romans que j’ai empruntés montre des codes différents. Mais ça pourrait être une piste... Malheureusement la médiathèque n’ouvre pas avant mardi. On doit patienter.

Le mardi révèle que cette piste était correcte. Le code est sur le dos d’un livre dans lequel les chiffres du message indiquent les pages et des paragraphes.

Plus tard dans la journée nous recevons des instructions plus précises sur notre mission.

Il faut que Kariad réactive ses connaissances de fouille pour trouver des objets métalliques. Il fait du bon travail. Dans la clairière du bois de Keroumen où a eu lieu un des Pique-niques Kerhorres cet été il trouve une fourchette argentée et une petite cuillère inox. Dommage pour les propriétaires que je ne puisse pas apporter les couverts au bureau des objets trouvés. Je les laisse sur l’endroit de la découverte, pour ne pas attirer l’attention sur moi et mon travail.


 ... Le Pique-Nique Kerhorre dans la clairière du bois de Keroumen en été 2013


La boîte aux lettres morte suivante est faite d’une branche plus épaisse qu’habituellement. Elle contient deux petite verrines, dans chacune, il y a une pièce de monnaie. De monnaie ancienne. Une en bronze, l’autre en argent. La pièce en argent à l’effigie d’un empereur romain. Ont-« ils » vraiment fourni des pièces de monnaie romaine trouvées pendant la construction du viaduc sur l’Anse de Kerhuon en 1861- 62 ?

En tout cas, notre donneur d’ordre espère trouver un trésor au bois de Keroumen... Et ce n’est pas improbable... Dans les siècles derniers on a trouvé de la monnaie romaine à plusieurs endroits à Brest et alentours... Sans parler des découvertes très récentes dans d’autres régions, comme en juin 2012 près de Lyon entre 800 et 1000 pièces de bronze romaines... Et le trésor enorme en monnaie celtique et romaine d’une valeur de plusieurs millions d’Euros sur l’île de Jersey en juillet 2012... Ce n’est donc pas étonnant qu’on ait engagé les services secrets...

Mi-octobre, Kariad et moi sommes prêts à commencer la recherche du trésor au bois de Keroumen. A l’ordre « Kariad, cherche champignon » je l’ai entrainé à chercher les deux pièces de monnaie ancienne. J’amène toujours un guide des champignons et un panier où je mets des champignons comestibles que je trouve par hasard. Au cas où...

Les semaines suivantes nous donnent un bouton, deux boucles d’oreille dépareillées et une bague en argent... Il semble que Kariad reconnaisse l’odeur de l’argent dans la terre.

Un matin au début de novembre je décide encore une fois d’aller au bois de Keroumen par la rue Broussais. Nous passons la clairière du pique-nique, continuons tout droit avant de tourner à droite en direction de l’Anse. J’avais vu auparavant qu’il y avait beaucoup d’arbres tombés et déracinés dans cette partie du bois. Et les arbres déracinés creusent la terre...

Les feuilles brunes et sèches sous les arbres bruissent quand Kariad fouille en cherchant ses « champignons ». Peu après une clôture en fil de fer délimite le terrain à gauche du chemin. A droite, il y a beaucoup d’arbres déracinés. Trois grands chênes attirent mon attention, un épais et deux plus minces tombés et déracinés ensemble. Quelques-unes de leurs branches nues et sans écorce s’étirent vers le haut, les autres sont écrasées par terre depuis longtemps.

Juste au moment où je décide d’appeler Kariad, il vient de lui-même et se met en recherche autour des chênes. Il renifle intensément aux racines. Puis il s’arrête, émet un bref aboiement et se tient immobile en montrant de sa truffe un point au-dessous de cette grande masse de racines mêlées de terre, de plantes et de mousse.


Chènes Keroumen Racines de trois grands chènes mélées de terre, de plantes et de mousse


Kariad est très content de jouer avec sa balle, alors que j’enlève doucement la terre avec mes mains gantées. Un bouton cette fois aussi ? Quand je vois la pièce de monnaie dans la terre, je pense sur le coup que cette pièce en argent à l’effigie de l’empereur romain est tombée de ma poche. Mais je me rends rapidement compte que ce n’est pas possible car les pièces sont toujours dans leur verrine pour ne pas brouiller l’odorat sensible du chien. Je regarde vite autour de moi. Il n’y a personne en vue.

Je mets la pièce dans un petit sac fourni dans ce but et j’enregistre les coordonnées de l’endroit dans mon GPS. Puis nous rentrons rapidement à la maison, où je « leur » envoie immédiatement un message crypté.

Plus tard, dans l’après-midi, je cache parmis toutes les autres branches au Bois de Sapins la boîte aux lettres morte contenant les deux pièces de monnaie en verrines et le petit sac avec la pièce trouvée récemment. Je dois admettre que je suis très curieuse de savoir s’il y a plus de pièces de monnaie romaine à l’endroit de notre découverte, mais ma mission était de trouver la première pièce, maintenant les archéologues prendront en charge les fouilles.

Le lendemain, après notre promenade matinale, Kariad et moi rencontrons un voisin qui est juste rentré du bois de Keroumen avec son golden retriever. Il nous raconte qu’on est en train de fermer une grande partie du bois. Selon les informations données il s’agirait d’enlever tous les arbres déracinés dans ce secteur, et des archéologues auraient été mandatés pour fouiller le terrain à la recherche de traces romaines.

« Vous savez, on dit que Keroumen ou ‘Kerromen’ viendrait du latin ‘villa romanorum’. Imaginez qu’on y trouve les vestiges d’une villa ou d’un hameau romain ! »

Au moment où je lui confirme que moi aussi je trouve intéressant le travail des archéologues, mon téléphone se met à sonner. Je m’excuse, m’éloigne un peu et décroche.

J’entends la voix synthétique : « Marchandises reçues. Mission accomplie. »

mardi 11 février 2014

Les élections municipales - Si je pouvais voter...

Comme étrangère avec la nationalité norvégienne je n’ai pas le droit de vote aux élections locales en France, comme les citoyens européens qui viennent d’un pays de l’Union Européenne.

Si je pouvais voter aux élections municipales, je voudrais bien sûr exercer mon droit de vote. Mais dans la situation actuelle je dois laisser à d’autres de décider l'avenir de notre ville pour les six prochaines années.

J’aime beaucoup vivre à Le Relecq-Kerhuon. Je connais la ville depuis 2009, et j’y habite depuis 2012.

La politique en général m’intéresse et surtout dans ma ville.


Même si je ne peux pas voter je suis avec attention la campagne de deux listes pour les élections municipales 2014:

  • La liste «Unis pour aller plus loin avec Yohann Nédélec » de « L’Union pour Le Relecq-Kerhuon », la majorité sortante au Conseil municipal qui est composée du PS et PCF. La liste est menée par le maire sortant, Yohann Nédélec.
  • La liste « Ensemble, bâtissons notre futur » menée par Noëlle Berrou-Gallaud, conseillère municipale sortante. Cette liste déclare être « sans étiquette ».


Toutes les deux listes ont eu leurs premières réunions publiques pour se présenter.

J’ai assisté à ces réunions qui avaient lieu à l’Astrolabe le 30 janvier dernier pour la liste «Unis pour aller plus loin avec Yohann Nédélec » et le 7 février dernier pour la liste « Ensemble, bâtissons notre futur ».

Les présentations étaient très differentes :

  • Yohann Nédélec et ses colistiers de « L’Union pour Le Relecq-Kerhuon » avaient pour priorité de présenter leur programme pour la ville, une vue d’ensemble mais aussi des détails sur les projets présentés par les différents candidats de la liste.
  • Noëlle Berrou-Gallaud et ses colistiers de la liste « sans étiquette » avaient pour priorité d’utiliser la plupart de la séance pour la présentation des candidates et leurs données personelles. Ils n’ont présenté que quelques projets pour la ville.

Et une autre différence importante :

  • À la réunion de « L’Union pour le Relecq-Kerhuon » le public avait l’occasion de poser des questions. On a même mis à disposition le numéro d’un portable de campagne, pour que les personnes qui trouvent difficiles de parler devant une grande audience pouvaient envoyer des questions par sms. Les questions reçu par sms ont été lu devant le public à la réunion par un des colistiers.
  • À la réunion de la liste «Ensemble, bâtissons notre futur» Noëlle Berrou-Gallaud à terminé la séance sans accorder au public la possibilité de poser des questions. C’est d'autant plus surprenant car ils ont explicitement écrit sur la carte d’invitation pour leurs réunions « Parlons-en ensemble, lors de nos réunions publiques ».


Je lis régulièrement sur les sites-Web de ces deux listes.

  • Le site de « L’Union pour le Relecq-Kerhuon » (http://lunionpourlerelecqkerhuon.fr/) donne de nombreux renseignements sur le programme sous trois rubriques principales : Une ville pour vivre ensemble. Une ville en mouvement. Une ville tournée vers l’avenir.

On trouve sur ce site des commentaires des lecteurs qui sont favorables et aussi des commentaires des lecteurs qui s’opposent à la liste.

  • Sur le site de la liste «Ensemble, bâtissons notre futur » (http://www.lerelecqkerhuon2014.fr/) on avait présenté quelques projets dans la rubrique « Nos idées ». Cette rubrique a disparu le 10 février et remplacée par « Notre projet ». On a aussi fait une sorte de FAQ : « Répondez-nous, Noëlle Berrou-Gallaud ». Il y a des questions et des réponses sur Noëlle Berrou-Gallaud, sur la liste et sur les projets.

Sur ce site on trouve seulement des commentaires favorables. Auparavent j’ai lu un commentaire critique à la liste. Dans un premier temps la liste avait répondu à ce commentaire mais après ils ont effacé toutes ces deux notes.

A la réunion de campagne de la liste « Ensemble, bâtissons notre futur » on n’a pas accordé au public la possibilité de poser des questions et sur le site web on on effacé le commentaire critique. Tout cela ne convient pas non plus à l’ambition exprimée sur la carte d’invitation de « Vous écouter, être accessible et disponible pour tous ».


Pour prendre ma décision j'ai pris en considération mes expériences comme habitante, mes impressions sur les réunions de ces deux listes, ce que j’ai lu sur leurs sites web, le compte rendu et le programme de la liste de « L’Union pour Le Relecq-Kerhuon » .

Voici mon vote :

Si je pouvais voter aux élections municipales, je voterais pour la liste « Unis pour aller plus loin avec Yohann Nédélec », pour que le bon développement de la ville puisse continuer.

Unis pour aller plus loin


vendredi 8 mars 2013

Stemmerett for utenlandske statsborgere


Stemmerett for utenlandske statsborgere

(Version française "Droit de vote des étrangers" ci-dessous)

For et levende demokrati er det helt grunnleggende at innbyggerne i landet interesserer seg for politikk og at de bruker stemmeretten som ligger i bunnen for demokratiet. Jeg har vanskelig for å forstå hvorfor man i Frankrike ikke har gitt retten til å stemme ved lokalvalg til utenlandske statsborgere som er bosatt i landet, og dermed gitt dem mulighet til å engasjere seg i politikken og for demokratiet.

Jeg er norsk statsborger bosatt i Frankrike og kommer ikke til å ha noe stemmerett.

I min kommune Le Relecq-Kerhuon går jeg på bystyremøtene, fordi jeg synes det er interessant å følge med i hva som skjer i det politiske livet i byen.


Rådhuset i Le Relecq-Kerhuon

På bystyremøte den 19. desember 2012 la det politiske flertallet, som består av Parti Socialiste og Parti Communiste Français, fram et forslag til vedtak med oppfordring til President Hollande om å innføre stemmeretten for utenlandske statsborgere til valget i 2014.

Jeg ble svært glad for å oppdage at de folkevalgte i min kommune engasjerer seg for de utenlandske borgernes stemmerett. Utenom de folkevalgte til opposisjonen. De stemte mot dette forslaget. Et bystyremedlem fra opposisjonen sjokkerte meg, da hun avsluttet sitt innlegg vedrørende stemmeretten til utenlandske statsborgere med å si: ”det skulle være på tide å ta seg av franskmennenes virkelige problemer istedenfor å vifte med slike latterlige ting foran nesen deres?”

Jeg ville aldri ha trodd at en kvinne som er politiker og som meg så heldig til å leve i et demokrati ville finne på karakterisere engasjement for stemmeretten som en ”latterlig ting”.

I Norge ble stemmeretten for utenlandske statsborgere vedtatt i 1982. Utenlandske innbyggere som i minst tre år har bodd i landet har stemmerett og også valgbarhet ved kommunestyre- og fylkestingsvalg. Statsborgere fra de andre nordiske landene har denne retten allerede fra det første året de bosetter seg i Norge.

Mottakslandet har en berettiget forventning om at utlendinger som meg lærer språket godt og tilegner seg kunnskap om kulturen, verdiene og det politiske systemet i landet. Dette er nødvendige forutsetninger for å kunne integrere seg godt. Men for en vellykket integrasjon må man aktivt delta i samfunnet. Retten til å stemme ved lokalvalgene understreker viktigheten av at utenlandske innbyggere også engasjerer seg i det politiske livet.

I Norge er retten til å stemme ved nasjonale valg forbeholdt norske statsborgere. Jeg er norsk men opprinnelig fra Tyskland. For meg var stemmeretten ved nasjonale valg en viktig aspekt for å bli norsk statsborger.

Nasjonalitet er et viktig element for den personlige identiteten og ikke enkelt å si fra seg. Jeg har snakket med mennesker fra forskjellige land som ikke kunne forstå at jeg har skiftet min nasjonalitet, selv om jeg har nevnt stemmeretten.

Og i dag er for meg mine mer enn tretti år i Norge en svært viktig del av livet mitt, jeg ser på meg selv som norsk, med tysk opprinnelse. Og det ville det bli svært vanskelig å forandre på og å si fra seg.

Jeg håper at stemmeretten for utenlandske statsborgere blir vedtatt i Frankrike.

samedi 23 février 2013

Droit de vote des étrangers

Une démocratie vivante a besoin que les habitants du pays s’intéressent à la politique et exercent son droit de vote qui est est à la base de la démocratie. Je trouve difficile à comprendre pourquoi on n’a pas donné le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant en France et donc la possibilité de s’engager dans la politique et pour la démocratie.

J’ai la nationalité norvégienne et je n’aurai aucun droit de vote.

Dans ma commune Le Relecq-Kerhuon je visite des séances du Conseil Municipal parce que c’est intéressant de savoir ce qui se passe dans la vie politique de ma ville.



Au Conseil Municipal le 19 décembre dernier, la majorité (PS/PCF) a présenté la proposition d’un voeu au Président Hollande « Pour la mise en oeuvre du droit de vote aux résidents étrangers aux élections 2014 ».

J’étais très contente d’apprendre que les élus de ma commune s’engagent pour le droit de vote des étrangers. Sauf les élus de l’opposition. Ils ont voté contre cette déliberation. Une élue de l’opposition m’a choquée quand elle a terminé son discours sur le droit de vote des étrangers en disant que « il serait temps de s'occuper des vrais problèmes des Français plutôt que d'agiter des hochets de ce type devant leur nez ? »

Je n’aurais jamais cru qu’une femme politique, qui comme moi a de la chance de vivre dans une démocratie, pourrait caractériser l’engagement pour le droit de vote comme « hochets ».

En Norvège le droit de vote des étrangers était accordé en 1982. Les étrangers qui habitent au moins depuis trois ans dans le pays ont le droit de vote et aussi le droit d'éligibilité aux élections municipales et régionales (en norvégien: « kommunestyrevalg » et « fylkestingsvalg »). Les étrangers des pays nordiques ont ce droit lors de leur prémière année de résidence en Norvège.

Le pays accueil attend à juste titre que les étrangers comme moi apprennent bien la langue et la culture, et qu’ils se renseignent sur les valeurs et du système politique du pays. Ce sont évidemment des conditions préalables pour pouvoir se bien intégrer. Mais pour une intégration réussie on doit participer activement dans la société. Le droit de vote aux élections locales soulignent l’importance que les étrangers aussi s’engagent dans la vie politique.

En Norvège le droit de vote aux élections nationales est accordé seulement aux citoyens norvégiens. Je suis norvégienne d’origine allemande. Pour moi le droit de vote aux élections nationales était un aspect important pour acquérir la nationalité norvégienne.

La nationalité est un élément important de l’identité personnelle et elle n’est pas facile à renoncer. J’ai parlé avec des gens des differents pays qui ne pouvaient pas comprendre que j’ai changé ma nationalité, même si j’ai parlé de droit de vote.

Et aujourd’hui pour moi, mes plus de trentes ans en Norvège sont une très importante partie de ma vie. Je suis Norvégienne maintenant, d’origine allemande. Et cela serait très difficile à renoncer.

J’espère qu’on accordera le droit de vote aux étrangers en France.

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