Pas de droit de vote des étrangers

En France, il y a 37 ans que François Mitterrand pendant sa campagne électorale a proposé le droit de vote aux élections municipales aux étrangers résidant au moins depuis cinq ans dans le pays. Élu président, François Mitterrand a abandonné cette proposition.

Tous les ans, depuis 1981, les politiciens français discutent le droit de vote des étrangers aux élections municipales, le résultat étant toujours défavorable.

En Norvège, il y a 35 ans que les Français comme d’autres étrangers peuvent exercer le droit de vote aux élections locales et régionales.

Tous les quatre ans, depuis 1983, les étrangers résidant au moins trois ans en Norvège peuvent voter et sont éligibles aux élections municipales (kommunestyrevalg) et aux élections régionales (fylkestingsvalg).

Le 14 septembre 2015 la Française Diane Berbain a été élue membre du Conseil municipal de Bergen, la deuxième plus grande ville de Norvège.

Moi, je suis Norvégienne en France, résidant dans ma commune de Le Relecq-Kerhuon depuis six ans. Je paye des impôts locaux, je peux m’inscrire aux associations, je peux participer à tous les événements, je peux m’engager pour tous les projets de la ville – mais je n’ai pas de droit de vote aux élections locales. Et je n’ai pas non plus eu le droit de voter le 1 juillet 2018 à la consultation citoyenne concernant l’acquisition par la ville de deux parcelles littorales.

Pourquoi la France me laisse-t-elle participer à la vie de ma ville et au financement du budget sans me donner le droit de m’exprimer aux élections locales ou à une consultation citoyenne ?

Pourquoi la France n’accorde-t-elle pas aux étrangers le droit de vote aux élections locales pour leur donner une voix et de l’influence démocratique sur les décisions locales qui les concernent directement ? Pour moi c’est complètement incompréhensible.

J’ai l’impression d’être mineure et sous tutelle de mes concitoyens français qui peuvent décider de l’avenir de ma ville d’adoption même s’ils y habitent peut-être juste depuis peu de temps. Je constate que la France souhaite l’intégration des étrangers mais cette intégration ne va pas jusqu’à la participation démocratique, on ne souhaite pas que les étrangers se mêlent de démocratie.

................................................................................................................. Une partie de ce texte est déjà publiée sur mon blog le 28 juin 2018 sous le titre "L‘intégration s‘arrête à la participation démocratique"